10 mai 2009
Avec plus de 250 millions de connexions sur ses vidéos, Rémi Gaillard, un comique montpelliérain, fait un tabac depuis quelques mois sur la toile. Son humour potache et burlesque est devenu une référence chez les 15-40 ans.
Quand et dans quelles circonstances avez-vous commencé à tourner vos vidéos?
Tout simplement avec des amis et du matériel basique. Un soir, on s'est
dit qu'on pouvait faire mieux que les caméras cachées diffusées sur
TF1. En 2001, j'ai franchi le pas en créant mon site. Au début, j'étais
sponsorisé par les Assedic. Maintenant, je vole de mes propres ailes.
J'ai même créé ma société et je consacre 100% de mon temps à cette
activité.
Quelle est votre formation, que faisiez-vous avant?
J'ai un parcours assez commun. Je suis allé jusqu'en terminale, filière
gestion-économie. L'idée de travailler pour un patron ne me séduisait
pas. Alors, j'ai baissé les bras avant le bac. Je sais, j'ai fait de la
peine à ma mère. Quand elle a vu vers quoi je me dirigeais, elle était
désespérée. À présent qu'elle voit que ça tourne bien, elle prend les
choses différemment. Parfois encore, elle me téléphone pour me demander
de ne pas prendre trop de risques pendant les tournages.
Pourquoi tournez-vous systématiquement vos vidéos à Montpellier?
Parce que c'est là que je suis né et que je veux y vivre. C'est une
région formidable. J'y suis très attaché. On a tout, la montagne, la
mer et le soleil. Cela correspond à mon idéal de vie: la déconnade, le
sport, les copains. Pour rien au monde, je ne voudrais travailler et
vivre à Paris. Je ne m'y sens pas bien. De plus, là-bas tout n'est que
copinage et magouille. Sur les plateaux de télé, on retrouve toujours
les mêmes. Qui invitent toujours les mêmes. Au détriment d'autres
talents qu'on ne verra jamais sous les spots. À plusieurs reprises, des
chaînes ont voulu me faire signer. Je ne veux pas de ce système-là.
Internet me suffit amplement pour exister. Ce média m'a permis de faire
un super pied-de-nez aux producteurs TV que j'avais démarchés en vain,
mes cassettes à la main, il y a quelques années. À présent, mes
sketches sont visibles dans le monde entier. Grâce à ce langage
universel qu'est le burlesque. Mais je n'ai pas besoin de cette
notoriété pour vivre. Et je n'ai aucune ambition. Ma seule
préoccupation c'est d'être heureux, libre et en bonne santé.
Au début, vos frasques en étonnaient plus d'un. À présent, le fait d'être connu vous pose-t-il des problèmes?
Effectivement les gens me repèrent assez facilement en ville. Ceux qui
me servent à monter mes gags sont toujours filmés à leur insu. Je sais
que, légalement, je suis limite. Mais c'est aussi un gage de
spontanéité. Ça m'a valu quelques baffes. Au début aussi, je n'avais
pas de problèmes avec les flics. J'ai été placé plusieurs fois en garde
à vue. Maintenant que je suis connu, ils veulent tous être piégés.
C'est marrant. Même les institutionnels s'intéressent à moi. Georges
Frêche, le maire de Montpellier, estime qu'il faut me donner un coup de
pouce financier car, grâce à mes vidéos, je mets la ville en avant.
Le sport vous sert souvent de vecteur dans vos sketches. Et vous faites preuve d'une super-vitalité. Êtes-vous sportif?
Effectivement. Le sport c'est ma respiration, c'est la vie. C'est aussi
les rencontres. Je suis un passionné de football. J'ai joué longtemps
en DH. Et je continue à pratiquer avec les potes. Être sportif, ça me
permet aussi de prendre mes jambes à mon cou quand la situation devient
trop critique.
L'intrus fait mine d'exploser de joie et réussit à se faufiler jusqu'à la tribune présidentielle où il sera félicité par JacquesChirac en personne. Puis, il franchira tous les dispositifs de sécurité et descendra sur la pelouse où il s'offrira un tour d'honneur, acclamé par les supporters lorientais. Ce jour-là, Rémi ira très loin. Il brandira la coupe, se mettra à genoux, exultant devant les photographes. Même le capitaine Darcheville n'y verra que du feu, serrant l'intrus contre sa poitrine le temps d'un cliché. Rémi terminera ce jour de gloire par une séance de signatures d'autographes. «C'est la seule imposture parfaite que j'ai réalisée. En tout cas, c'était la meilleure en termes de notoriété.Car elle a été diffusée en direct par TF1 et reprise par de nombreuses chaînes de télé. Ça s'est passé comme sur des roulettes. Pourtant, je m'attendais à être viré manu militari. J'étais assez stressé. Depuis, je sais qu'on peut faire pas mal de choses avant ou après un événement. Intervenir pendant, c'est vachement risqué. Rémi garde un bon souvenir de Crozon (29) où il a passé, gamin, trois semaines de vacances. «Mes souvenirs? La marée basse et la marée haute. Ça impressionnait le petit méridional que j'étais. Il y a aussi les poteries qu'on réalisait quand le temps ne nous permettait pas de faire de la voile. J'en ai réalisé pas mal...» «Je n'ai pas de préférence. Chacune est unique. J'en ai plus de 80 sur internet. Soit plus de trois heures de film. J'ai en projet de sortir un best-off sur DVD prochainement.
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